Séries

Retrouvez ici une sélection de mon travail artistique.

Amimours

La lecture du livre d’Hélène Giannecchini sur le désir d’amitiés a agi comme un révélateur que plein de ruptures ont fini par animer. J’ai aussi lu Paulo Higgins et Érika Nomeni et adopté le mot amimour, inventé pour définir une  relation particulière. Des liens chéris se sont fixés sur mon écran. Des relations qui, en dehors des amours attendus, tissent des communautés solides qu’on aime à simplifier ou homogénéiser : les amitiés, les LGBTQIA+, les amours. 

Je veux rendre visible la joie et la mélancolie en marge du couple. Beautés, limites et attentes, sûrement démesurées, se mélangent sur un fond fragile et mouvant, au gré des vents. Ces amimours ne sont pas toustes les miennes, je les souhaite pérennes à défaut de croire à l’éternité. 

Pay Me

En 2024, La Déferlante, revue trimestrielle post- #metoo consacrée aux féminismes et au genre, commande à Gaëlle Matata une série de portraits de Lisa Granado, lauréate du concours de Miss Cagole organisé chaque année par « Le Traquenard », célèbre bar de La Plaine à Marseille. De cette rencontre née la série Pay me dont le titre est source de fiertés, aux puissants accents politiques : déjouant les assignations à la docilité, à la pudeur ou à la soumission bourgeoise. Les cagoles incarnent à ses yeux une hyper-féminité résistante. Sans aucun doute un nouveau modèle sociétal à l’heure de #metoo, inspiré de Marseille : « les cagoles débordent, on les entend, elles prennent leur place, elles confrontent les gens, elles ne se laissent pas faire – en d’autres termes : elles sont trop fortes ».

Rim Battal : Je connaissais le tatouage d’identification par ma grand-mère, parce qu’elle était tatouée. Elle venait d’une certaine tribu et son tatouage affichait son statut marital. C’était ornemental, mais cela comportait des informations. Quand à la fin de l’exposition on voit une jeune fille avec “Pay me” tatoué sur la poitrine, je trouve ça formidable qu’avec un même outil on puisse faire autant de choses différentes !

Discriminé.e.s : le besoin de communautés

Comment ce qui fait communauté au sein des minorités sexuelles et de genre se remet-il de la crise sanitaire ? Quelles sont les conséquences encore palpables dans les quotidiens ? Entre anxiété sociale et souvenirs traumatiques des années SIDA, quelles sont les réminiscences du Covid dans les activités des militant.e.s féministes, pour les droits des homosexuels et pour les activistes fêtards ? En présentant un travail qui oscille entre le militantisme et la fête, il s’agit de documenter une frange de la société constituée principalement de personnes qui se réclament des minorités sexuelles et de genre.

CQFD : Arraché.e.s

Konbini : Depuis le mois de mars, la Bibliothèque nationale de France (BnF) expose sur son imposant parvis sa « grande commande de photojournalisme » dans l’idée d’une « radioscopie de la France » à travers des « regards sur un pays traversé par la crise sanitaire ». Parmi les projets sélectionnés, on retrouve celui de Gaëlle Matata, dédié aux « minorités sexuelles et de genre » et leur besoin de « faire communauté » face aux discriminations – exacerbées en période de crise.