
CHALEUR URBAINE
Très heureuse qu’une de mes image des suites de l’incendie de l’Estaque soit exposée de nouveau sur les grilles du musée de la ville de Marseille. Elle s’accompagne d’un poème 🤓
L’exposition collective qui rassemble 13 artistes sera affichée dans les 5 villes euro-méditerranéennes : artistes Lisbonne, Marseille, Imola, Dubrovnik et Budva. Loin d’une approche purement technique ou distante, il s’agit de poétiser les formes de résistance : documenter les corps qui s’adaptent, les gestes qui apaisent, les refuges improvisés, et la créativité du quotidien sous le soleil brûlant – une manière de lire la ville à hauteur d’expérience. S’éloignant des habituelles cartes postales romantisant nos territoires méditerranéens balnéaires et leurs habitants, l’exposition donne à voir ici une multiplicité de regards qui s’accrochent à des scènes du quotidien, des détails qui interpellent et des souvenirs à garder. Dans un monde où catastrophes écologiques et mouvements pour y répondre se multiplient et s’intensifient, il y a un appel à agir et à se soutenir : résistances et dialogues. Dialogues entre espèces, dialogues entre espaces.
La maison triste
La maison triste a un œil au beurre noir.
L’Estaque des lieux est formel,
L’incendie ne l’a pas épargné
Coule le rimmel
D’un noir cendré, la voici maquillée.
La maison triste a un coquard.
La faute aux flammes couleur renard.
L’incendie partout
Laisse des trous,
Des maisons tristes,
Des œils au beurre noir.
Sale feu voleur
Briseur de cœurs.
Combien de temps,
volets troués
Laisseront-ils passer
Lueurs d’espoir ?
Regardez là
Triste coquard
Au milieu des autres épargnées,
Encore cendrée
Elle crie :
L’homme qui fait défait
L’homme qui fait défaut.
L’homme qui fait des feux.













